mardi 11 mars 2008

Des Verts de toutes les couleurs

J'ai profité de mon week-end pour lire "Des Verts de toutes les couleurs. Histoire et sociologie du mouvement écolo", un bouquin déniché dans une librairie de livres d'occasion.

Ce livre a été publié juste avant les élections régionales de 1992 par Jean-Luc Bennahmias (depuis passé au Modem et tête de liste de ce parti à Marseille le week-end dernier) et Agnès Roche (actuellement professeur à l'université d'Auvergne). Les Verts français étaient alors en plein élan, ayant récolté plus de 10% des voix aux élections municipales de 1989 et culminant début 1992 à 12-15% dans les sondages.

La première partie de l'ouvrage dresse un historique détaillé du mouvement écologiste français de 1967 à 1989. Il revient aussi bien sur le combat anti-nucléaire, la défense du Larzac ou les différents résultats électoraux des Verts français. Cette première partie est, aujourd'hui encore, de la plus grande utilité pour qui s'intéresse à l'histoire des Verts.

La deuxième partie de ce livre est constituée d'une étude sociologique à propos des adhérents aux Verts français. Cette étude se base sur deux questionnaires assez complets envoyés aux adhérents en 1989 et en 1990. De nombreuses données intéressantes, donc, mais on reste un peu sur notre faim puisqu'on aimerait évidemment pouvoir comparer ces chiffres avec ceux que fourniraient une telle étude sur les adhérents actuels...

Week-end électoral en demi-teinte...

Les trois rendez-vous électoraux de ce week-end ont livré des résultats en demi-teinte pour les Verts européens.

En Espagne, les législative ont été marquées par la victoire du parti socialiste du premier-ministre sortant José-Luis Zapatero. Ces élections ont été marquées par une forte polarisation, les deux grands partis progressant aux dépends de presque tous les petits. Les Verts catalans y ont laissé un de leurs deux sièges et les petites formations régionalistes qui siègent aux côtés des Verts au Parlement européen y ont également laissé des plumes (Gauche républicaine catalane, Naffarao Bai, Chunta Aragonesista).

En France avaient lieu les élections municipales. Le Monde d'aujourd'hui résume la situation ainsi: "Les Verts sont en baisse, mais ne s'effondrent pas". Je pense que cela résume bien la situation: les Verts parisiens sont certes en net recul par rapport à 2002, mais les Verts des autres villes se sont en général assez bien défendus. Les écologistes figurent par ailleurs parmi les vainqueurs sur de nombreuses listes unies de la gauche plurielle...
Cela dit, les nombreux blogs français qui se trouvent en lien dans la colonne de droite en parlent bien mieux que moi et je vous laisserai donc les consulter pour avoir des réactions du "terrain".

En Autriche enfin, les citoyens du Land de Basse-Autriche élisaient leur parlement régional. Les Verts stagnent à un peu plus de 6% et conservent leurs quatre sièges.

samedi 8 mars 2008

Les Verts italiens en campagne

Suite à la chute du gouvernement de Romano Prodi, des élections législatives auront lieu en Italie les 13 et 14 avril prochains. Après la fusion des différents partis de centre-gauche au sein du Parti démocrate de Walter Veltroni, les partis de la gauche radicale se sont alliés pour présenter des listes communes sous le nom de "La Gauche - l'Arc en ciel".

Les Verts italiens sont donc en campagne aux côtés du Parti des communistes italiens, de Refondation communiste et de la Gauche démocrate. C'est Fausto Bertinotti, un ancien leader de Refondation communiste, qui mène la liste.

En 2006, les Verts avaient obtenu 2.1% des voix et 16 sièges à la Chambre des députés. Six sénateurs verts avaient également été élus sur une liste d'alliance avec le Parti des communistes italiens et l'Union des consommateurs.

Notons que l'alliance avec l'extrême-gauche, si elle peut-être surprenante dans d'autres pays, est courante non seulement en Italie, mais également en Catalogne ou au Portugal.

vendredi 7 mars 2008

Triomphe des Verts lors des municipales bavaroises

Les élections municipales ont eu lieu le week-end passé en Bavière (Allemagne) et les résultats définitifs sont désormais connus pour l'ensemble des communes du Land. Les Verts enregistrent le meilleur résultat de leur Histoire avec un score de 8.9% des voix, soit 3.6% de plus qu'en 2002. Dans certaines zones, les Verts sont désormais plus forts que les sociaux-démocrates...

La majorité rouge-verte qui dirige Munich, la troisième ville d'Allemagne, depuis 18 ans a notamment été reconduite. Les Verts y ont obtenu plus de 13% des voix. Le camp rouge-vert dispose désormais également d'une majorité dans la deuxième ville de Bavière, Nuremberg.

Par ailleurs, le club assez restreint des communes bavaroises dirigées par un maire vert s'agrandit: outre les trois sortants qui ont tous été réélus (à Furth, Massbach et Rieneck), un quatrième a été élu au premier tour à Markt Berolzheim. Des Verts accèdent au deuxième tour dans sept autres communes.

Ces résultats viennent à point nommé pour les Verts allemands après des résultats assez médiocres obtenus à Hambourg et en Hesse en ce début d'année.

Pour le reste, les grands partis ne sont pas à la fête... Les conservateurs de la CSU, qui ont la majorité absolue au parlement du Land, ont obtenu leurs plus mauvais résultats depuis 1966. Seuls les sociaux-démocrates font pire puisqu'ils ont obtenu leurs moins bons résultats depuis la guerre.

N.B.: En photo, un drapeau bavarois "verdi" par les Verts allemands.

Indulis Emsis

Le nom d'Indulis Emsis ne vous dira probablement rien... Et pourtant, il est le seul Vert au monde à avoir jamais été chef de gouvernement à ce jour. Indulis Emsis fut en effet premier ministre de la Lettonie pendant 10 mois en 2004.

Né en 1952, biologiste de formation, Indulis Emsis est membre fondateur des Verts lettons en 1990. Il entre au parlement au début des années 1990 et il y restera jusqu'à fin 2007, avec pour seules interruptions ses passages dans des ministères. De 1993 à 1998, il occupe le poste de ministre de l'environnement, dans différents gouvernements.

En 2001, il devient également parlementaire au Conseil de la Ville de Riga, la capitale du pays. En 2002, il est élu à la tête de la Commission de politique économique, agricole et environnementale du Parlement letton.

En 2004, il devient premier-ministre à la suite de la démission de Einar Repse. Il dirige pendant dix mois un gouvernement minoritaire de centre-droite en coalition avec trois autres partis politiques. Son gouvernement chute toutefois après seulement 10 mois, sa coalition n'ayant pas pu trouver une majorité pour voter le budget.

Indulis Emsis retourne alors au Parlement dont il démissionne en 2007.

Un Jeune Vert à la tête du ministère tchèque de l'éducation

Ondřej Liška, 30 ans, a été nommé en décembre dernier à la tête du ministère de l'éducation de la République tchèque. Le Prague Post lui consacre un long article dont je vous recommande la lecture:

Rappelons que les Verts sont au gouvernement tchèque depuis 2006, en alliance avec les conservateurs, ce qui ne va pas toujours sans poser de problèmes.

jeudi 6 mars 2008

25 ans de présence verte au Bundestag

Les Verts allemands fêtent ce mois leurs 25 ans de présence au Bundestag, le parlement fédéral allemand. C'est en effet en mars 1983 que les premiers députés verts furent élus et firent leur entrée à Berlin à vélo...

Pour fêter ça, le site Internet des Verts allemands propose une exposition virtuelle retraçant le parcours des Verts au cours des 25 dernières années... Je vous invite à "visiter" cette exposition au plus vite:

La Sueddeutsche Zeitung, grand quotidien de centre-gauche basé à Munich, a réalisé à cette occasion un long interview de Marieluise Beck, la première cheffe de groupe des Verts au Bundestag:
Ce journal propose également une petite galerie de photos:
Bonne visite!

mercredi 5 mars 2008

Les Verts canadiens au top dans les sondages

Bonnes nouvelles en provenance du Canada: un sondage qui vient d'être publié donne 13% d'intentions de vote aux Verts canadiens au niveau national, un record pour ce parti. Ce score monterait même jusqu'à 18% en Ontario...

Les Verts néo-zélandais à la plage...

En Nouvelle-Zélande, les Verts ont lancé une campagne de construction de baleines de sable sur les plages du pays (oui, oui, c'est l'été là-bas)... Le but de cette action est de protester contre la pêche à la baleine effectuée, notamment, par le Japon. Les images parlent d'ailleurs d'elles-mêmes...


Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, j'adore...

Les Verts de retour dans les gouvernements des Länder allemands

La participation des Verts dans les gouvernements des Länder allemands a une longue tradition. Joschka Fischer fut le premier, en 1985, à devenir ministre dans le Land de Hesse en coalition avec les sociaux-démocrates. Dans les années 1990, ce genre d'expériences se sont multipliées, toujours avec les sociaux-démocrates.

La chute des sociaux-démocrates au début des années 2000 a rendu les gouvernements de gauche de plus en plus rares. Lors des élections de 2005 au Schleswig-Holstein, la dernière coalition rouge-verte avait vécu. La traversée du désert a duré deux ans. En mai 2007, les élections du Land de Brême ont permis aux Verts de participer à nouveau à un gouvernement régional, comme nous l'évoquions alors dans un article.

Les trois élections régionales qui ont eu lieu en février en Basse-Saxe, en Hesse et à Hambourg vont probablement permettre aux Verts d'entrer dans deux gouvernements régionaux, en Hesse et à Hambourg. Dans les deux cas, il s'agira de coalitions inédites.

En Hesse, tout d'abord, les Verts formeront probablement un gouvernement sous la direction de la sociale-démocrate Andrea Ypsilanti. Jusque-là, rien de bien nouveau. Sauf que ce gouvernement devra compter sur le parti d'extrême-gauche, Die Linke, fraichement entré au parlement régional. La collaboration avec die Linke était, jusque là, un tabou en ex Allemagne de l'Ouest. Des négociations doivent encore avoir lieu, mais les sociaux-démocrates ne voulant pas former une nouvelle grande coalition avec les démocrates-chrétiens, l'affaire semble entendue...

A Hambourg, ensuite, où les Verts pourraient former une coalition inédite au niveau régionale avec les démocrates-chrétiens de la CDU, une coalition noire-verte dans le jargon allemand. Là aussi, les négociations sont donc en cours... Les démocrates-chrétiens du nord de l'Allemagne sont moins conservateurs que ceux du Sud et les points communs avec les Verts ne manquent pas... Un journal a parlé ironiquement de la "coalition des amateurs d'opéra"... De grosses pierres d'achoppement subsistent toutefois, notamment autour de deux projets du maire CDU Ole von Beust: la construction d'une centrale à charbon et le creusement du lit de l'Elbe pour accueillir des super tankers dans le port de Hambourg...
Si ces négociations venaient à échouer, une coalition sociaux-démocrates - Verts - extrême-gauche serait également arithmétiquement possible à Hambourg...

Je reviendrai prochainement avec un article sur les coalitions noires-vertes dans les villes, système en vigueur aussi bien à Francfort (DE) qu'à Kiel (DE) ou Bregenz (Autriche) et, depuis peu, à Graz (AT)...
PS: En photo, une affiche des Verts allemands... Géniale, comme d'habitude!